Chers frères et sœurs,
En ce dimanche, l’Évangile nous adresse une parole à la fois simple et exigeante : « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5,13-16). Jésus ne dit pas : essayez de devenir sel et
lumière. Il affirme : vous l’êtes déjà. Par notre baptême, par notre foi, par la présence de l’Esprit en nous, nous portons une responsabilité silencieuse mais décisive pour le monde.


Le sel ne fait pas de bruit. Il se dissout. Il disparaît presque. Et pourtant, sans lui, la saveur manque.
Être sel, c’est donner du goût à la vie quotidienne : par une parole juste, une patience renouvelée,
un pardon offert, une fidélité vécue dans l’ordinaire. Dans une société souvent marquée par la
rapidité, la performance et parfois l’indifférence, le chrétien est appelé à préserver ce qui est
essentiel : la dignité de chaque personne, la valeur de la relation, la profondeur du sens.
La lumière, quant à elle, ne vit pas pour elle-même. Elle éclaire pour que d’autres puissent voir,
marcher, espérer. Être lumière, ce n’est pas briller pour être admiré, mais rayonner pour orienter. À
Taipei, au cœur d’une culture riche et diverse, notre communauté francophone est appelée à
témoigner humblement de l’Évangile par des gestes concrets : l’accueil de l’étranger, l’attention
aux plus fragiles, la cohérence entre notre foi et nos choix de vie.


Frères et sœurs, le monde n’attend pas des chrétiens parfaits, mais des chrétiens vrais. Demandons
au Seigneur la grâce d’être, là où nous vivons, un peu de sel qui donne saveur, un peu de lumière
qui rassure et ouvre un chemin. Que notre vie, discrètement, rende gloire à Dieu.


Amen.


Abbé Édouard Gnoumou